L’essentiel
Les cellules souches peuvent se renouveler et produire des cellules spécialisées. Certaines thérapies qui les utilisent sont validées, comme les greffes de cellules souches hématopoïétiques contre des cancers du sang ; beaucoup d’offres « régénératives » ne le sont pas. Quant aux « cellules souches végétales » des cosmétiques, ce sont des extraits sans cellules vivantes actives.
Qu’est-ce qu’une cellule souche ?
Une cellule souche possède deux propriétés : elle peut se diviser en conservant son état, c’est l’auto-renouvellement, et donner naissance à des cellules spécialisées. Les chercheurs distinguent plusieurs catégories selon l’étendue de ce potentiel.
- Cellules souches embryonnaires : issues de l’embryon précoce, elles sont pluripotentes, c’est-à-dire capables de produire tous les types cellulaires de l’organisme.
- Cellules souches adultes, ou tissulaires : présentes dans la moelle osseuse, la peau, l’intestin ou les muscles, elles renouvellent un tissu donné et produisent un éventail plus restreint de cellules.
- Cellules iPS, pluripotentes induites : des cellules adultes reprogrammées en laboratoire vers un état pluripotent. Shinya Yamanaka a partagé pour cette découverte le prix Nobel 2012 avec John Gurdon[4].
Certaines cellules peuvent donner naissance à plusieurs types cellulaires ; d’autres sont plus spécialisées. Leur préparation, leur différenciation et leur intégration dans le tissu sont déterminantes. Une cellule capable de se multiplier en laboratoire n’est pas automatiquement adaptée à une greffe.
Quelles thérapies par cellules souches sont validées ?
La greffe de cellules souches hématopoïétiques, issues de la moelle osseuse, du sang ou du sang de cordon, est utilisée depuis des décennies contre des leucémies, des lymphomes ou certaines maladies graves du sang[1]. D’autres thérapies cellulaires sont autorisées pour des indications précises, comme les greffes d’épiderme cultivé chez les grands brûlés ou des cellules souches du limbe pour reconstituer la surface de l’œil.
Des thérapies cellulaires existent pour certaines maladies. Cette réalité ne valide pas les offres de rajeunissement général ou les préparations d’origine mal définie. Les risques immunitaires, infectieux et de croissance non contrôlée nécessitent une surveillance.
Les thérapies combinant cellules et gènes progressent aussi : des cellules souches de patients peuvent être corrigées génétiquement avant d’être réinjectées, comme dans les traitements récents de la drépanocytose présentés dans notre dossier sur la thérapie génique.
Cliniques de cellules souches : les risques des offres non validées
Des cliniques proposent, dans certains pays, des injections de cellules souches ou de produits dérivés contre l’arthrose, des maladies neurologiques ou le vieillissement. Ces offres s’appuient rarement sur des essais contrôlés, et des complications graves ont été décrites dans la littérature médicale, dont des infections et des pertes de vision après des injections dans l’œil. L’agence américaine du médicament alerte sur la commercialisation de produits à base de cellules souches ou d’exosomes non approuvés[2].
Demander le produit exact, l’indication, le statut de l’essai et les données publiées. Un récit individuel ne remplace pas une comparaison clinique. Les progrès de la médecine régénérative demandent des contrôles de fabrication autant que des résultats biologiques.
« Cellules souches végétales » : que contiennent vraiment les cosmétiques ?
Des crèmes mettent en avant des « cellules souches » de pomme, de raisin ou d’edelweiss. Il s’agit en réalité d’extraits obtenus à partir de cultures de cellules végétales, souvent issues de tissus indifférenciés cultivés en laboratoire. Ces extraits ne contiennent pas de cellules vivantes capables de s’implanter dans la peau, et une cellule végétale ne pourrait de toute façon pas jouer le rôle d’une cellule souche humaine.
Leur intérêt éventuel tiendrait aux molécules qu’ils renferment, comme des antioxydants ou des composés de signalisation. Une revue consacrée à ces ingrédients souligne que les données proviennent surtout d’études de laboratoire et de petits essais, et que d’importants obstacles restent à franchir avant d’observer des changements significatifs sur la peau humaine[3].
Questions fréquentes
Quelle différence entre cellules souches embryonnaires et adultes ?
Les cellules souches embryonnaires peuvent produire tous les types cellulaires de l’organisme. Les cellules souches adultes renouvellent surtout le tissu dont elles proviennent. Les cellules iPS sont des cellules adultes reprogrammées vers un état proche de l’embryonnaire.
Les cellules souches végétales agissent-elles sur la peau ?
Les cosmétiques contiennent des extraits de cultures de cellules végétales, pas des cellules vivantes capables d’agir comme des cellules souches humaines. Leurs effets éventuels relèvent des molécules qu’ils contiennent et restent peu démontrés.
Les injections de cellules souches contre l’arthrose sont-elles efficaces ?
Les preuves restent insuffisantes pour la plupart des produits proposés hors essais cliniques, et des complications ont été rapportées. Mieux vaut en discuter avec un spécialiste et vérifier le statut réglementaire du traitement.
Sources & pour aller plus loin
Publications scientifiques et ressources institutionnelles. Les limites et l’interprétation sont discutées dans le texte.
- Inserm — Thérapie cellulaire ↗
- FDA — Alerte sur les produits à base de cellules souches et d’exosomes ↗
- Trehan et al., 2017 — Cellules souches végétales en cosmétique ↗
- Nobel 2012 — Reprogrammation des cellules en cellules pluripotentes ↗
Références examinées pour cette mise à jour : 28 septembre 2026.



