L’essentiel
L’acide tranexamique, un médicament utilisé contre les saignements, réduit aussi la pigmentation du mélasma. Pris par voie orale, il a diminué la sévérité du mélasma de 49 % en trois mois, contre 18 % sous placebo, dans un essai contrôlé. Les rechutes sont fréquentes à l’arrêt, et la forme orale exige une prescription en raison du risque de thrombose.
Qu’est-ce que le mélasma ?
Le mélasma se manifeste par des taches brunes ou grisâtres, symétriques, surtout sur les joues, le front, la lèvre supérieure et le menton. Il touche principalement les femmes, en particulier les peaux mates à foncées, et apparaît souvent pendant une grossesse ou sous contraception hormonale. Le soleil, mais aussi la lumière visible, entretiennent les taches[1].
Le mélasma est une affection pigmentaire influencée notamment par la lumière et des facteurs hormonaux. Un diagnostic évite de confondre plusieurs types de taches. Les formulations topiques et les prises orales ne correspondent pas aux mêmes expositions ni aux mêmes risques.
Comment agit l’acide tranexamique ?
L’acide tranexamique est un antifibrinolytique : il freine la plasmine, une enzyme qui dissout les caillots, d’où son usage contre les saignements abondants. Dans la peau, la plasmine favorise la libération de médiateurs qui stimulent les mélanocytes ; en la freinant, l’acide tranexamique réduirait la production de pigment et agirait aussi sur la composante vasculaire du mélasma. Ce mécanisme reste partiellement compris.
Ce que montrent les études
Dans un essai randomisé en double aveugle, 44 patientes atteintes de mélasma modéré à sévère ont reçu 250 mg d’acide tranexamique ou un placebo deux fois par jour pendant trois mois, avec une protection solaire. Le score de sévérité a diminué de 49 % sous traitement, contre 18 % sous placebo. Trois mois après l’arrêt, la réduction n’était plus que de 26 % par rapport au départ, contre 19 % dans le groupe placebo : le bénéfice s’estompe en partie. Aucun effet indésirable grave n’a été observé, mais l’étude, menée dans un seul centre, portait surtout sur des femmes hispaniques[2].
| Forme | Usage | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Comprimés | Sur prescription, hors indication officielle | Contre-indiqués en cas d’antécédent de thrombose ; rechutes à l’arrêt |
| Crème ou sérum | Cosmétiques et préparations | Effet plus modeste, bonne tolérance générale |
| Injections intradermiques | Actes médicaux | Données encore limitées |
Un résultat favorable dans un essai ne justifie pas l’automédication. Pour les traitements systémiques, les antécédents et contre-indications doivent être évalués, notamment le risque thrombotique. Les récidives et les effets indésirables font partie de l’appréciation, pas seulement l’éclaircissement observé.
Traiter le mélasma : une stratégie globale
La stratégie se discute avec un dermatologue et comprend souvent la gestion de l’exposition lumineuse. Les promesses de disparition définitive sont à examiner avec prudence. Photographier les changements dans des conditions constantes aide à suivre une évolution sans la confondre avec un effet de lumière.
- La photoprotection quotidienne est la base : écran à large spectre, idéalement teinté pour filtrer aussi la lumière visible, chapeau et ombre.
- Les traitements locaux de référence, comme l’hydroquinone associée à d’autres actifs ou l’acide azélaïque, se discutent avec un dermatologue.
- Peelings et lasers peuvent aider, mais aussi aggraver la pigmentation s’ils sont mal adaptés.
- Le mélasma est chronique : un traitement d’entretien est souvent nécessaire.
Le mélasma se distingue d’autres taches, comme les lentigos solaires ou les marques brunes laissées par l’acné, évoquées dans notre dossier sur les cicatrices d’acné.
Questions fréquentes
L’acide tranexamique est-il efficace contre le mélasma ?
Oui, par voie orale il a nettement réduit la sévérité du mélasma dans des essais contrôlés, mais l’effet diminue souvent à l’arrêt. Les formes topiques ont un effet plus modeste.
Quels sont les risques de l’acide tranexamique ?
Par voie orale, le principal risque est la thrombose : il est contre-indiqué en cas d’antécédent de phlébite, d’embolie ou de trouble de la coagulation, et doit être prescrit après une évaluation médicale. Des troubles digestifs et des règles moins abondantes sont possibles.
Peut-on utiliser un sérum à l’acide tranexamique sans ordonnance ?
Les sérums cosmétiques sont en vente libre et généralement bien tolérés, avec des effets plus modestes que la forme orale. Ils doivent s’accompagner d’une protection solaire stricte.
Sources & pour aller plus loin
Publications scientifiques et ressources institutionnelles. Les limites et l’interprétation sont discutées dans le texte.
- AAD — Mélasma : diagnostic et traitement ↗
- Del Rosario et al., 2018 — Acide tranexamique oral et mélasma : essai contre placebo ↗
Références examinées pour cette mise à jour : 28 septembre 2026.



